Il n'existe pas de seuil légal, mais deux repères permettent de trancher. Financièrement, quand l'aide à domicile dépasse 120 à 150 heures par mois, la facture rejoint ou dépasse celle d'un EHPAD. Humainement, quand l'aidant montre des signes d'épuisement, le maintien à domicile ou EHPAD n'est plus une question de confort mais de sécurité pour deux personnes, pas une seule.
Le coût financier du maintien à domicile
Le tarif horaire d'une aide à domicile
Le coût du maintien à domicile dépend surtout du nombre d'heures nécessaires et du niveau de dépendance. Une intervention prestataire se facture généralement entre 20 et 35 euros de l'heure selon la nature de l'aide (ménage, toilette, aide aux repas) et le mode d'emploi choisi (direct, mandataire ou prestataire). Une garde de nuit ajoute entre 100 et 150 euros par nuit. L'APA à domicile et le crédit d'impôt de 50 % réduisent la facture, mais rarement en totalité.
Le seuil où la facture dépasse un EHPAD
Au-delà d'environ 120 à 150 heures d'aide par mois à 30 euros de l'heure, le budget atteint 3 600 à 4 500 euros mensuels, hors équipements et aménagements du logement. C'est le repère le plus fiable pour comparer objectivement les deux solutions, plutôt qu'une intuition ou une réticence à quitter le domicile.
Le coût réel d'un EHPAD une fois les aides déduites
Le reste à charge moyen après APA
La facture brute moyenne d'un EHPAD tourne autour de 2 600 euros par mois, mais le reste à charge EHPAD réellement supporté par les familles, une fois l'APA et le crédit d'impôt déduits, se situe le plus souvent entre 1 500 et 1 800 euros. L'écart est important selon le statut de l'établissement (public, associatif, privé commercial) et le département.
Les aides qui allègent la facture
L'APA en établissement finance une partie du tarif dépendance selon le GIR et les ressources. L'APL ou l'ALS s'ajoute si l'EHPAD est conventionné. Une réduction d'impôt de 25 % s'applique sur les frais réels, dans la limite de 10 000 euros par an, soit jusqu'à 2 500 euros d'économie. L'aide sociale à l'hébergement intervient en dernier recours pour les ressources insuffisantes, avec récupération possible sur la succession.
Le coût humain, souvent sous-estimé
Le calcul purement financier masque une réalité plus lourde. En France, entre 8,8 et 9,3 millions d'adultes accompagnent quotidiennement un proche en perte d'autonomie. Parmi ceux qui portent une charge jugée lourde, neuf sur dix se disent fatigués moralement et huit sur dix physiquement. Environ un aidant sur cinq se dit proche du burn-out. Cette usure ne se voit pas sur un relevé de compte, mais elle finit par coûter la santé de l'aidant, parfois avant celle de la personne aidée. Le droit au répit, le baluchonnage ou un accueil de jour ponctuel permettent de tester une bascule progressive avant de trancher.
Les critères concrets pour décider
Au-delà des seuils chiffrés, plusieurs éléments concrets aident à trancher entre maintien à domicile ou EHPAD :
- Le nombre d'heures d'aide réellement nécessaires chaque semaine et sa progression ;
- L'état de santé physique et moral de l'aidant familial, mesurable par les signes de fatigue répétée ;
- Les risques de sécurité au domicile, notamment les chutes et les besoins de surveillance nocturne ;
- La présence de troubles cognitifs, qui rend l'accompagnement à domicile plus complexe et plus coûteux.
21 septembre 2026