Retraitis
UHR, PASA : quels critères médicaux imposent un transfert interne ?

En EHPAD, le passage d'un résident du PASA vers l'UHR, ou inversement, n'est jamais une décision administrative. Il repose sur des critères médicaux précis, mesurés par une échelle standardisée validée par le médecin coordonnateur : le NPI-ES.

Le NPI-ES, l'outil qui objective la sévérité des troubles

Le NPI-ES (inventaire neuropsychiatrique, version équipe soignante) note chaque trouble du comportement selon deux dimensions : sa fréquence et sa gravité, combinées en un score par item, et son retentissement sur la sécurité et la qualité de vie de la personne et des autres résidents, coté de 1 à 5. C'est ce double score, pas une impression clinique isolée, qui fonde la décision de transfert.

Passer du PASA à l'UHR : le seuil de sévérité qui change tout

L'admissibilité au PASA suppose un score strictement supérieur à 3 sur au moins un item du NPI-ES, un retentissement compris entre 2 et 4, et une manifestation au moins hebdomadaire le mois précédent. L'UHR répond à un seuil bien plus strict : un score strictement supérieur à 7, mais uniquement sur l'un des troubles dits perturbateurs, à savoir les idées délirantes, les hallucinations, l'agitation ou l'agressivité, la désinhibition, l'exaltation de l'humeur, l'irritabilité ou le comportement moteur aberrant, avec un retentissement au niveau 5 (ou 4 lors de deux évaluations dans le mois). Le transfert n'intervient donc pas dès qu'un trouble s'aggrave en général, mais quand l'un de ces symptômes précis franchit ce palier.

Deux conditions communes, quel que soit le niveau de sévérité

Qu'il s'agisse du PASA ou de l'UHR, deux conditions s'ajoutent aux scores : la personne doit rester mobile, c'est-à-dire capable de se déplacer seule, y compris en fauteuil roulant, et ne pas présenter de syndrome confusionnel aigu au sens de la Haute Autorité de Santé. Une confusion aiguë oriente vers une prise en charge médicale spécifique, pas vers ces unités.

Qui décide, et la famille a-t-elle son mot à dire ?

Le NPI-ES est validé par le médecin coordonnateur après réflexion en équipe pluridisciplinaire. Mais remplir les critères ne suffit pas à déclencher automatiquement le transfert : l'entrée s'inscrit dans un projet de vie et de soins élaboré avec le résident, dans la mesure du possible, et sa famille. L'adhésion de la famille et l'acceptation de la personne concernée sont systématiquement recherchées, même si elles ne sont pas juridiquement une condition suspensive.

Sortir de l'UHR : les deux critères qui mettent fin au transfert

La sortie de l'UHR répond à deux situations distinctes : soit la personne devient confinée au lit ou au fauteuil et perd le critère de mobilité, soit les troubles du comportement diminuent de façon significative et durable, avec tous les items du NPI-ES repassés sous le seuil de 3 pendant un mois complet. Le résident retourne alors vers une unité classique ou un PASA selon ses besoins.

Un transfert semble injustifié : quels leviers pour la famille

Puisque la décision repose sur une évaluation clinique tracée, la première démarche consiste à demander au médecin coordonnateur les résultats du NPI-ES ayant motivé le transfert. Le conseil de la vie sociale de l'établissement ou la personne de confiance désignée par le résident peuvent également être sollicités pour porter la question en cas de désaccord persistant.

2 octobre 2026

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